Sang, poème de Shana Grace

Traduit et adapté par Ishara Labyris du poème "Blood" de Shana Grace

 

Mon sang mon sang,

Mon sang est une inondation

Mon sang est une mer en furie

Mon sang est une centaine de chats sifflant

communiant en moi.

Mon ventre est lourd et gonflé

Mon ventre est rond et plein

Mon ventre s'élève avec la mer

La mer est à l'intérieur de moi.

Le rythme de l'océan

rythme de l'eau

Mère lune qui attire les marées

mets-toi à nue au-dessus de ta fille.

J'accouche d'un baume pour la Terre

Il ruisselle le long de mes jambes

Il se mêle à la poussière sur le sol

et s'enfonce dans la terre

J'écris mon nom

riche et rouge

en des cercles sacrés

Où je jure

avec intention et mot sacré

Je signe ma prière

de sang.

Je m'émerveille de son mystère

barbouillé sur mes feuilles blanches

et désire le laisser couler si librement

en ruisseaux qui courent dans la rue.

Mon sang mon sang

Mon sang est une potion

Préparée avec ma véritable émotion

mise à ébullition dans le chaudron de mon ventre

et désenroulement d'un dragon étranglé

luttant contre son noeud étouffant

éclatant dans toute sa furie

Qui ose nier le pouvoir que je possède

dans mes heures de sang ?

Qui ose le réduire en excuses,

"Oh ce n'est que ta période du mois"?

Je ne le traiterai pas comme une malédiction

Je me couronne de sang

Mon droit de naissance

et en bénit cette terre souffrante

qu'elle boive le vin qu'Elle mérite.

Ce sang ne devrait pas être "flushé"

avec autant de dédain

que s'il s'agissait d'une honte déplaisante

que s'il s'agissait d'un ennui fatiguant

Ce sang,

il honore notre création

d'apporter la vie dans la gestation

Il nous lie à la lune,

à la Mer

Soeurs de ces pouvoirs qui sont,

Soeurs de la Sainte Mère

Oserons-nous partager ce trésor...

avec nos Frères?

Ô Qu'il pleuve rouge

Que cela se déverse

Laissez la mer s'élever et rugir

Laissez notre furie courir sa course

vulnérable avec notre force souffrante

Laissez les rivières dans nos utérus

jeter leur bijoux de rubis partout

pour que les rues tournent au rouge

et inondées librement

avec notre sang.